Monsieur le président, chers collègues, je vous remercie pour ces questions. Il est clair que ces derniers mois ont été extrêmement pénibles pour le personnel d'Audi Bruxelles et pour les nombreux travailleurs chez les fournisseurs. L'incertitude pèse lourdement sur les équipes. Le gouvernement fédéral comprend profondément cette incertitude et la frustration qu'engendre cette situation. Il veut protéger les droits sociaux des travailleurs.
Par rapport aux actions du gouvernement fédéral en concertation avec Audi, on a toujours entretenu un contact étroit avec Audi Bruxelles et Audi AG par rapport à la situation de Forest, en coopération avec les entités fédérées. En début de législature, en décembre 2020, on a fait une lettre d'intention qui a été transmise à Audi Bruxelles. Son objectif était de consolider le site de Forest et de renforcer son personnel en offrant des aides à la formation régionales.
Dès lors que les médias ont relayé les premières informations inquiétantes concernant une possible restructuration du site, le gouvernement a tout de suite réagi. Le 7 février 2023, j'ai pris contact avec la direction locale d'Audi Bruxelles et avec le CEO d'Audi AG, M. Döllner, pour aborder la situation. En février 2024, il a été convenu de créer une task force réunissant les autorités concernées et la direction d'Audi afin d'analyser les défis qui se posent et de dégager des solutions.
La task force s'est réunie le 12 avril 2024 avec la direction locale, les représentants d'Audi AG ainsi que les représentants des gouvernements fédéraux, flamands, wallons et bruxellois. Les différentes autorités concernées et Audi Bruxelles avaient à l'époque la volonté de parvenir à une LOI. Cette lettre d'intention (LOI) a été transmise le 6 juin 2024 à Audi Bruxelles, lequel devait l'envoyer à Audi AG. Cette LOI qui tenait compte de toutes les requêtes et préoccupations exprimées par Audi Bruxelles a été débattue avec les syndicats le 14 juin 2024.
On n'a jamais eu de réponse d'Audi Bruxelles, ni d'Audi AG par rapport à cette LOI qui avait été demandée dans un délai qui n'était pas évident. On devait le faire avant les élections.
Concernant la loi Renault, il est à noter que le gouvernement fédéral veille scrupuleusement aux dispositions de la loi Renault qui oblige les entreprises à élaborer un plan social, et à informer et protéger correctement les travailleurs en cas de restructuration. Audi AG n'a cependant jamais réagi officiellement à la proposition de lettre d'intention, comme je l'ai dit, ce qui aurait pu constituer une étape importante dans le processus de restructuration et de protection sociale des travailleurs.
De plus, le gouvernement fédéral n'a pas été informé préalablement des restructurations prévues, ce qui est contraire à la loi Renault et aux obligations incombant aux entreprises de consulter les partenaires sociaux avant de prendre des décisions importantes.
Par rapport à la concertation sociale, en dépit de l'absence de réaction officielle d'Audi AG à la LOI, le gouvernement fédéral a maintenu des contacts fréquents avec Audi Bruxelles et avec les syndicats, notamment le 16 juillet et le 9 octobre de cette année. Nous sommes aussi restés en contact avec Audi AG. L'objectif de ces entretiens était de s'assurer que les négociations sociales se déroulaient conformément à la loi Renault, et de rechercher avec Audi Bruxelles et les syndicats des solutions pour l'avenir du site et de l'emploi.
Par rapport au futur d'Audi Bruxelles, nous avons appris par la presse qu'il n'y avait pas de candidat repreneur, en tous cas jusque maintenant. Il est donc d'autant plus important de se concentrer sur la priorité à donner aujourd'hui au plan social pour les travailleuses et travailleurs d'Audi Bruxelles, et aux fournisseurs.
Parallèlement, des discussions auront lieu avec la direction d'Audi et des gouvernements régionaux afin d'examiner à nouveau les pistes envisageables pour l'avenir du site de Forest à long terme. J'ai annoncé en effet la semaine passée que nous réunirions une nouvelle fois les parties concernées. La date qui a été prévue se situe dans la première semaine de décembre, pour pouvoir le faire ensemble, avec la direction locale et les autres partenaires.
En général, on peut voir qu’il s’agit de travailleurs très recherchés sur le marché, avec un niveau de qualification très élevé, qui connaissent vraiment la pointe de la technique. Nous mettons tout en œuvre pour un avenir sûr.
Par rapport à l’avenir industriel de ce site, c’est naturellement la Région bruxelloise qui mène. Nous l’avons toujours impliquée dans les discussions. Je pense qu’il faut bien regarder la séquence. Ce qui est important aujourd'hui, c’est le plan social. La priorité doit être que le plan social puisse être négocié d’une manière sereine – nous avons vu que ce n’est pas évident – et que ce plan social suive les règles de notre pays et respecte les droits sociaux des travailleurs.
Cela n’empêche pas, en parallèle, de travailler sur l’avenir industriel. Le gouvernement bruxellois prendra le lead à ce niveau je pense. Nous sommes prêts à aider, mais il relève bien entendu pleinement de leurs compétences de regarder comment un avenir industriel peut être maintenu à Bruxelles. Je suis convaincu que c’est tout à fait possible.